Poèmes sur la vie

Poème sur la vie 

Toute la vie d’un coeur – Promenade

Je t’adore. Soyons deux heureux. Viens t’asseoir
Dans une ombre qui soit un peu semblable au soir.
Marchons bien doucement. Sois pensive. Sois lasse.
Profitons du moment où personne ne passe ;
Entrons dans le hallier, cachés par les blés mûrs.

Que ne puis-je élever brusquement quatre murs
Ici, dans ce coin chaste, et d’un coup de baguette !
La nature est un oeil invisible qui guette ;
Glissons-nous ; le silence entend ; défions-nous
Du bruit que fait une âme embrassant deux genoux.
Car, moi, je ne suis pas autre chose qu’une âme ;
Mais une âme peut prendre en sa serre une femme,
Et l’emporter, et faire un bruit mystérieux
De lionne sur terre ou d’aigle dans les cieux.

Tu grondes. Un baiser ! – Jamais ! – Je le dérobe.
Tu dis : c’est mal ! – Et j’ôte une épingle à ta robe.
L’amour aime les yeux fâchés de la pudeur,
Et rien n’est plus charmant qu’un paradis boudeur ;
C’est vrai, belle, depuis que les blanches épaules
De Galatée ont pris la fuite sous les saules,
Et que Marot a vu, sans être trop puni,
Un doux sourire faire éclore un doux nenni,
Une gloire ineffable est à l’amour mêlée.
La femme est de son trop de puissance accablée ;
Vaincue, elle se sait maîtresse, elle nous plait ;
Comme c’est ravissant d’avoir ce qu’on voulait
Et de sentir beaucoup de reproches se taire !
Comme une rougeur vague après l’heureux mystère
Enivre, et comme on sent le prix d’une faveur
Que veut presque reprendre un silence rêveur !
Reprendre ? Non ; pourquoi ? Donner encor ? Peut-être.
Cachons-nous. Une branche a remué. C’est traître.
On devinait qu’Eschyle avait un rendez-vous
Avec Mégaryllis, la farouche aux yeux doux,
Et qu’elle se laissait dire de tendres choses,
Quand les feuilles tremblaient au bois des lauriers-roses.

victor hugo

Poème sur la vie 

Vie ta vie

Vie ta vie plainement
ou meurt en regrettant
De ne pas vivre en aimant
et d’avoir perdu tout ce temps

Vie ta vie joyeusement
Profite de tout les beaux moments
Passe un peu de temps avec tes parents
Car ils peuvent partir nimporte quand

Sinon,tu n’as qu’à mourir
Si pour toi c’est souffrant sourire
De la haine tu dois en finir
Si intérieurement tu ne veux pas pourrir

La vie est un cadeau
Fais-y bien attention
Réfléchi à tout c’est mots
Et met les en fonction

La vie est rempli d’amour
Tu n’as qu’à regarder autour
Souris à la vie pour toujours
Et elle te rendra ce sourire a son tour

Embrasse les gens que tu aimes
De côté laisse la haine
Regarde toi
Et constate à quel niveau est ta joie

La vie est belle
Elle parait quelques fois rebelle
Mais elle est comme une pétale de rose
Elle est belle mais tranquillement elle se meurt durant les temps morose….

Vie ta vie plainement
ou meurt en regrettant
De ne pas vivre en aimant
Et d’avoir perdu tout ce temps.

Poème sur la vie 

La vie aux champs

Le soir, à la campagne, on sort, on se promène,
Le pauvre dans son champ, le riche en son domaine ;
Moi, je vais devant moi ; le poète en tout lieu
Se sent chez lui, sentant qu’il est partout chez Dieu.
Je vais volontiers seul. Je médite ou j’écoute.
Pourtant, si quelqu’un veut m’accompagner en route,
J’accepte. Chacun a quelque chose en l’esprit ;
Et tout homme est un livre où Dieu lui-même écrit.
Chaque fois qu’en mes mains un de ces livres tombe,
Volume où vit une âme et que scelle la tombe,
J’y lis.

Chaque soir donc, je m’en vais, j’ai congé,
Je sors. J’entre en passant chez des amis que j’ai.
On prend le frais, au fond du jardin, en famille.
Le serein mouille un peu les bancs sous la charmille ;
N’importe : je m’assieds, et je ne sais pourquoi
Tous les petits enfants viennent autour de moi.
Dès que je suis assis, les voilà tous qui viennent.
C’est qu’ils savent que j’ai leurs goûts; ils se souviennent
Que j’aime comme eux l’air, les fleurs, les papillons
Et les bêtes qu’on voit courir dans les sillons.
Ils savent que je suis un homme qui les aime,
Un être auprès duquel on peut jouer, et même
Crier, faire du bruit, parler à haute voix;
Que je riais comme eux et plus qu’eux autrefois,
Et qu’aujourd’hui, sitôt qu’à leurs ébats j’assiste,
Je leur souris encor, bien que je sois plus triste ;
Ils disent, doux amis, que je ne sais jamais
Me fâcher ; qu’on s’amuse avec moi ; que je fais
Des choses en carton, des dessins à la plume ;
Que je raconte, à l’heure où la lampe s’allume,
Oh! des contes charmants qui vous font peur la nuit ;
Et qu’enfin je suis doux, pas fier et fort instruit.

Aussi, dès qu’on m’a vu : «Le voilà !» tous accourent.
Ils quittent jeux, cerceaux et balles; ils m’entourent
Avec leurs beaux grands yeux d’enfants,sans peur,sans fiel,

Qui semblent toujours bleus, tant on y voit le ciel !

Les petits — quand on est petit, on est très-brave —
Grimpent sur mes genoux; les grands ont un air grave ;
Ils m’apportent des nids de merles qu’ils ont pris,
Des albums, des crayons qui viennent de Paris ;
On me consulte, on a cent choses à me dire,
On parle, on cause, on rit surtout ; — j’aime le rire,
Non le rire ironique aux sarcasmes moqueurs,
Mais le doux rire honnête ouvrant bouches et coeurs,
Qui montre en même temps des âmes et des perles.

J’admire les crayons, l’album, les nids de merles ;
Et quelquefois on dit quand j’ai bien admiré :
«Il est du même avis que monsieur le curé.»
Puis, lorsqu’ils ont jasé tous ensemble à leur aise,
Ils font soudain, les grands s’appuyant sur ma chaise,
Et les petits toujours groupés sur mes genoux,
Un silence, et cela veut dire : «Parle-nous.»

Je leur parle de tout. Mes discours en eux sèment
Ou l’idée ou le fait. Comme ils m’aiment, ils aiment
Tout ce que je leur dis. Je leur montre du doigt
Le ciel, Dieu qui s’y cache, et l’astre qu’on y voit.
Tout, jusqu’à leur regard, m’écoute. Je dis comme
Il faut penser, rêver, chercher. Dieu bénit l’homme,
Non pour avoir trouvé, mais pour avoir cherché.
Je dis : Donnez l’aumône au pauvre humble et penché ;
Recevez doucement la leçon ou le blâme.
Donner et recevoir, c’est faire vivre l’âme !
Je leur conte la vie, et que, dans nos douleurs,
Il faut que la bonté soit au fond de nos pleurs,
Et que, dans nos bonheurs, et que, dans nos délires,
Il faut que la bonté soit au fond de nos rires ;
Qu’être bon, c’est bien vivre, et que l’adversité
Peut tout chasser d’une âme, excepté la bonté ;
Et qu’ainsi les méchants, dans leur haine profonde,
Ont tort d’accuser Dieu. Grand Dieu! nul homme au monde
N’a droit, en choisissant sa route, en y marchant,
De dire que c’est toi qui l’as rendu méchant ;
Car le méchant, Seigneur, ne t’est pas nécessaire !

Je leur raconte aussi l’histoire ; la misère
Du peuple juif, maudit qu’il faut enfin bénir ;
La Grèce, rayonnant jusque dans l’avenir ;
Rome ; l’antique Égypte et ses plaines sans ombre,
Et tout ce qu’on y voit de sinistre et de sombre.
Lieux effrayants ! tout meurt; le bruit humain finit.
Tous ces démons taillés dans des blocs de granit,
Olympe monstrueux des époques obscures,
Les Sphinx, les Anubis, les Ammons, les Mercures,
Sont assis au désert depuis quatre mille ans ;
Autour d’eux le vent souffle, et les sables brûlants
Montent comme une mer d’où sort leur tête énorme ;
La pierre mutilée a gardé quelque forme
De statue ou de spectre, et rappelle d’abord
Les plis que fait un drap sur la face d’un mort ;
On y distingue encor le front, le nez, la bouche,
Les yeux, je ne sais quoi d’horrible et de farouche
Qui regarde et qui vit, masque vague et hideux.
Le voyageur de nuit, qui passe à côté d’eux,
S’épouvante, et croit voir, aux lueurs des étoiles,
Des géants enchaînés et muets sous des voiles.

victor hugo

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